Débat sur la gestion de la crise de la peste porcine le 19/09/2018 au parlement wallon et rebondissements.

Le matin même, le code wallon du bien-être animal a été adopté à l’unanimité en commision. L’après-midi, au parlement wallon, après de nombreuses questions, Réné Collin, Ministre de l’Agriculture, de la Nature, des Forêts, de la Ruralité du Tourisme et du Patrimoine présente la façon dont il envisage de gérer la crise de peste porcine africaine.

La crise actuelle de la fièvre porcine était redoutée depuis des mois. Des agents du Département de la Nature et des Forêts avaient été formés concernant ce qu’ils devraient faire s’ils trouvaient des cadavres éventuellement contaminés, ce qui a été malheureusement le cas. Suite à deux cas de sangliers contaminés par la fièvre porcine trouvés dans les forêts de la province du Luxembourg, l’Union Européenne a déterminé une zone d’exlusion dans un rayon de 20 km autour de l’endroit où les cas ont été signalés.

Le jeudi 13/09 après-midi, avant même d’avoir eu la confirmation des analyses positives, une réunion a eu lieu entre les services public de wallonie, l’AFSCA et en communication avec l’Union européenne. C’est l’Union européenne qui a décidé qu’un périmètre de 63 mille ha devait être ainsi fixé par précaution, soit dans un rayon de 20 km à partir des deux cas trouvés en prenant comme limite des limites naturelles facilement identifiables ou des routes à grande circulation.
Le processus qui a été mis en place et qui a été recommandé par deux experts envoyés par la commission européenne, déjà là le weekend et revus le lundis avec le commissaire à la santé, c’est d’abord de rescencer les cadavres des sangliers qui posent problème, c’est de le faire en évitant au maximum la dispersion des sangliers, parce que quand un animal est affecté, il ne va plus faire que des mouvements extrêmement lents et d’ailleurs peu nombreux.

Par mesure de sécurité diverses mesures ont été prises pour cette zone :
– On ne chasse plus et on ne chasse plus rien dans cette zone jusqu’au 14 octobre inclus.
– On ne nourrit plus non plus, parce que le nourrissage dans la zone pourrait faire se rencontrer des animaux totalement sains et des animaux infectés
– L’interdiction de toute circulation en forêt.
Le nourrissage en extérieur de cette zone n’est pas interdit parce que les experts conseillent de maintenir le nourrissage à l’extérieur de la zone pour maintenir les animaux à l’extérieur.

Bien sûr, personne ne peut garantir qu’on ne trouvera pas d’animaux contaminés en dehors de cette zone. Mais l’objectif, est à l’intérieur de cette zone, de circonscrire le périmètre le plus précis possible, soit à l’intérieur de ces 63 mille hectares une zone beaucoup plus petite à laquelle on appliquera les msesures suivantes :
– Peut-être, ce sera précisé en fonction de la zone, apposer des clôtures.
– Mais aujourd’hui, la priorité, c’est l’enlèvement des cadavres sous contrôle du DNF qui va se faire aider par la protection civile, laquelle est rompue à cet exercice, en respectant toutes les mesures de biosécurité qui sont essentielles, avec des endroits limités de collecte et d’acheminement vers des centres de destruction, après analyse.
Tout cela va prendre un certain temps. On espère que ce sera moins d’un mois mais ce n’est pas certain.
A ce moment le périmètre de la zone et les mesures d’interdiction pourront être reconsidérées.

Les conséquences pour les chasseurs seront importantes. Mais ils se montrent jusqu’à présent des partenaires responsables. Au niveau des communes, il y a aura l’invocation éventuellement de cas fortuit de force majeure. Ca dépendra des cas, des relations à apprécier au niveau des titulaires des beaux de chasse. Le gouvernement wallon examinera les dispositions à prendre notamment en ce qui concerne la ministre des pouvoirs locaux.

Au niveau des travaux forestiers, ce qui est indiqué comme route dans le code forestier, c’est-à-dire si on est sur une route hydrocarbonée, pavée ouverte à tout véhicule en général, là il peut y avoir circulation. Par contre, si on est dans la forêt, dans tout territoire soumis au code forestier ou sur des chemins qualifiés de forestiers, là l’arrêté ministériel d’interdiction de toute circulation est évidement de stricte application.

En ce qui concerne les travaux, ils devront être suspendus. Ca concerne aussi des travaux des propres services du Ministre René Collin concernant le réaménagement de cours d’eau navigables qui devaient démarrer. Ils ont dus être suspendus. Ce n’est pas l’idéal pour les entreprises mais c’était évidement nécessaire.

Le ministre rencontrera lundi les fédérations des exploitants forestiers pour envisager les mesures à prendre. Elles dépendront de la durée de l’interdiction.

Par rapport aux autres secteurs et au secteur agricole en particulier, cela mobilise une grosse partie des énergie du Minsitre René Collin, du Ministre fédéral et de leur collègue flamande. En effet, plus de 92 % des porcs produits en Belgique et ils sont six millions cinq cent mille, sont produits en Flandre. 94 % des exportations sont assurées à l’intérieur de l’union européenne. Actuellement, la Belgique a un statut indemme de peste porcine africaine dans ses ateliers porcins. Donc il n’est pas question de laisser imaginer que pour l’instant l’élevage porcin serait frappé d’une quelconque interdiction. Par contre, dans le cadre de relations bi-latérales, certains pays peuvent et certains l’on déjà fait, peuvent décider de suspendre leurs achats. Mais actuellement, ça ne représente, même si c’est important, que moins de 6 % du volume des exportations.

Il y a évidement des contrôles renforcés qui ont été faits, qui sont faits, qui vont encore être faits d’ici la fin de la semaine par l’AFSCA. Ce sont des contrôles personnalisés avec bien entendu des contacts qui ont déjà été pris avec chaque éleveur. Il y a un éleveur qui a mille porcs, deux qui en ont cinq cents, il y en a trois qui en ont plus ou moins 400, il y en a quelques uns qui en ont cinquante et tout le reste (une soixantaine) c’est un ou deux porcs ou même pas du tout. Mais chacun mérite qu’on examine sa situation, qu’on rappelle les mesures de sécurité parce qu’il suffit d’un seul porc contaminé dans un élevage pour qu’on enlève à la Belgique le statut de pays indemne de peste porcine africaine dans le cadre de l’élevage porcin.

Concernant l’origine de la maladie, le Ministre René Collin, n’a aucune certitude. Il se limilte à relayer ce que lui ont dit les experts de la faune universels ou administratifs et surtout les deux experts de l’Union Européenne. Selon ces experts, il y a de très fortes probabilités que ce soit par le fait de l’homme que cette infection est arrivée en Belgique. Ce n’est pas forcément dû à un sandwich comme on l’a entendu dire, mais c’est probablement à de la nourriture sous quelque forme que ce soit. Mais ça pourrait aussi être un véhicule, des vêtements, des chaussures. Et donc si on dit qu’il faudrait contrôler les gens qui ont été à l’extérieur du pays, il faudrait contrôler tout public, y compris tous les touristes, tous les voyageurs parce que chacun est un vecteur potentiel de la maladie.

En cas de « stamping out , les éleveurs seront indemnisés. C’est le fond sanitaire fédéral qui intervient. Et le ministre, reçoit le vendredi 21 septembre l’ensemble de la filière porcine agricole.
Au Grand Duché du Luxembourg, il y a peu de lots de chasse C’est le sud ouest qui est concerné. Mais une mesure a été prise : la chasse en battue sera interdite jusqu’au 14 octobre et une zone de surveillance pour tout le reste. En France, il y a une zone de 15 km de profondeur pour laquelle il y a interdiction de la chasse des grands ondulés et une zone de surveillance pour le reste.

En ce qui concerne l’origine de la maladie, le ministre a vérifé en contactant les services judiciaires qu’il n’y a pas eu un seul P.V. constatant l’importation de sangliers en Belgique et il rappelle que celle-ci est interdite. Par contre, en France, l’implantation de sangliers dans une zone de chasse est admise. On l’évite depuis de nombreuses années en Belgique.

Concernant les risques pour la santé publique, le ministre se veut totalement rassurant. On a affaire a une maladie qui ne peut infecter que les sangliers ou les porcs. Mais ça peut aussi être un cochon de loisir qui se trouve au fond du jardin ou un phacochère qui se trouverait par hasard sur notre territoire alors qu’on sait qu’ils sont sur d’autres continents. Il n’y a pas de transmission à d’autres animaux ou à l’homme.

Actuellement, il n’y a aucun danger au niveau de la santé publique, mais ce qui se passe est extrèmement grave sur le plan économique au niveau de plusieurs secteurs qui sont gravement frappés : le secteur du tourisme, le secteur des travaux forestiers, le secteur de la valorisation du bois, le secteur lié aux activités de la chasse et aussi la prise en compte de toutes les valeurs sociétales de la forêt. La forêt, c’est un appel à la promenade, un appel à la découverte. Cette partie de forêt soumise à une interdiction de circulation pour une période la plus courte possible, c’est quand même un tiers de la forêt luxembourgeoise.

Rebondissements:

Quelques jours plus tard, on découvre un élevage non autorisé de sangliers à quelques kilomètres du foyer de peste porcine dans la province de Luxembourg, dans un bois à Tintigny.

Ensuite, le dimanche 23 septembre, la RTBF annonce que le Ministre Fédéral Denis Ducarne envisage tout simplement une solution radicale: euthanasier tous les porcs d’élevage qui se trouvent dans la zone d’exclusion d’un rayon de 20 km autour de l’endroit où les premiers cadavres de sangliers contaminés ont été découverts. Il s’agirait d’après le Ministre wallon René Collin d’environ quarante mille porcs. Et il s’en étonne, car jusqu’à présent, aucun porc d’élevage n’a été contaminé. C’est un drame pour les éleveurs wallons concernés et bien sûr pour ces 40 000 porcs, dont le sacrifice est demandé avec le soutien de la commission européenne, pour rassurer nos voisins européens, et tout ceux qui tirent profit de l’élevage des porcs.

Sachant que, selon les experts de la commission européenne, il y a de très fortes probabilités que la cause de la contamination des premiers sangliers atteints découverts en Belgique soit le fait de l’homme (voir plus haut: nourissage des animaux en forêt, transport d’animaux, semelles ou vêtements contaminés), on espère que la prochaine solution radicale envisagée ne soit pas « l’euthanasie » de tous les êtres humains vivant ou ayant circulé dans la zone d’exclusion, un tiers de la province de Luxembourg en Belgique.

 

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