Polémique à Liège sur le bien-être animal

L’abattage des moutons à Liège pour la fête d’Aïd Kébir est-il vraiment terminé ? Régulièrement, des moutons sont saisis lors d’un abattage clandestin. Malheureusement, des gens abattent encore illégalement des animaux à domicile dans des conditions souvent atroces, des fois, dans des baignoires, un endroit où l’animal n’est pas habitué à se trouver et sans étourdissement. Vous pouvez imaginer le stress que l’animal peut avoir !

Fabrice Renard, inspecteur principal à la Société Royale Protrectrice des animaux (SRPA) de Liège, témoigne de ce qu’il découvre régulièrement. Des animaux sont saisis pour maltraitance et il a créé pour eux un refuge et une association : « Animal sans toi…t » dont il est le directeur. Malheureusement, pour la fête d’Aïd Kébir, beaucoup de moutons sont abattus clandestinement à domicile.
Une situation étrange interpelle Belgium Animal TV et pas seulement. L’abattage à domicile est interdit. Cependant, la ville de Liège, semble avoir permis à certaines personnes de quand même le faire, à condition de s’inscrire. Une chaîne de télévision a diffusé des images de personnes qui se rendaient à l’abattoir de Liège avec des sacs dont certains contenaient des tripes, certains la peau, et d’autres des restes de carcasse.

Fabrice Renard a fait son enquête auprès de la ville de Liège. Voici ce qu’il en dit :

L’abattage à domicile dans le cadre de l’Aïd ou pas est formellement interdit. Mais il reste la problématique de l’hygiène et de la sécurité publique. On voyait souvent des déchets d’animaux jettés sur la voie publique ou dans des lieux où ils ne devaient pas se trouver. Et la ville de Liège a demandé alors une déclaration préalable à ceux qui abattaient à domicile, tout en sachant que c’est illégal. Donc certains, dont la SRPA de Liège et Gaia, estiment que c’est pousser le citoyen à l’infraction. Même si c’est pour un rite religieux quel qu’il soit, ils doivent se rendre dans un abattoir fixe (et non plus mobile comme par le passé) pour respecter certaines conditions d’hygiène d’une part, mais aussi pour le bien-être de l’animal, avec étourdissement. En effet, il peut y avoir des étourdissements réversibles. Et ainsi, même s’il n’est pas réveillé, l’animal ne souffre pas.

Belgium Animal TV respecte les animaux et les êtres humains et ne veut donc fustiger personne quelque soit la culture ou la religion. Mais visiblement, ici, la ville de Liège a commis une infraction. Gaia a l’inention de poursuivre la ville de Liège, parce que pour eux elle incite à faire l’abattage à domicile alors que des compromis sont possibles pour qu’on puisse effectuer ces abattages dans des abattoirs en respectant d’un côté certaines croyances religieuses et de l’autre côté le bien-être animal.

Concernant l’abattage des animaux, Peter Verhaegen, vice-président du premier parti animaliste belge « DierAnimal » explique que nous avons maintenant une Belgique à trois vitesses. En effet, la loi sur l’interdiction de l’abattage sans étourdissement sera d’application en Flandre à partir du premier janvier 2019, en Wallonie, le premier septembre 2019 mais à Bruxelles, il n’y a toujours rien ! Y aurait-il des animaux néerlandophones, des animaux wallons et des animaux bruxellois. C’est un bel imbroglio et là, personne ne s’y retrouve ! Pour DierAnimal, cette situation est tout simplement inacceptable. Quelque soit la provenance d’un animal, il faut que cette législation soit harmonisée au plus vite. Il faut donc que la région bruxelloise avance sur ce plan.

Qu’est-ce-qu’un étourdissement ? C’est faire en sorte que l’animal, au moment où il sera abattu, soit inconscient. Donc, ça doit être une méthode totalement indolore. Et c’est aussi impératif que l’animal soit étourdi avant que la gorge ne soit tranchée. Pour un être humain, par exemple, lors d’une opération chirurgicale, on va l’anesthésier avant d’utiliser un scalpel ! Donc, DierAnimal voudrait que l’étourdissement avant l’abattage d’un animal soit obligatoire partout en Belgique sans exception.

Tant qu’on tue un animal pour avoir sa viande, il faut au moins qu’il aie une vie correcte. Mais en Flandre particulièrement, il y a une tendance à l’industrialisation de l’élevage. Et c’est une chose par rapport à laquelle le parti DierAnimal veut réagir. Ce sera un point phare de leur politique parce qu’ils trouvent inacceptable que les animaux doivent subir dans le cadre de ce type d’élevage. L’animal est considéré comme un objet. Si les éleveurs industriels pouvaient ranger les animaux comme du papier de toilette ils n’hésiteraient pas. Et donc il y a de nombreux abus !

Le parti DierAnimal considère que l’animal est un être qui a une conscience. Et donc, à la base, un animal a droit à la vie. Actuellement, les animaux sont utilisés comme nourriture ou pour nous fournir certains produits. Il regrette qu’à certains moments, certaines religions, pour célébrer la paix, l’amour, la vie, décident d’oter la vie à un être vivant, innocent qui a le même désir profond que tout être humain : vivre sa vie. Donc si il y a abattage, ce doit être dans des conditions correctes : dans un abattoir, sous contrôle à 100 % et après étourdissement.

Les premiers objectifs du parti DierAnimal, seront la question du statut de l’animal dans la législation. Actuellement, l’animal est considéré comme un meuble,un objet et de là découlent plein de situations et d’abus au détriment des animaux. Il faudrait donc changer le statut de l’animal dans la constitution et le code civil.

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